Un Mercedes Sprinter empattement long, blanc d'origine, recouvert en gris anthracite. Les photos ont été prises en cours de chantier, ce qui est rare sur un site de poseur et bien plus instructif qu'un résultat fini.
Ce qu'on y voit d'abord : les bandes de masquage qui tiennent les lés en attente. Un grand fourgon ne se recouvre pas d'une seule pièce. Le film arrive en laize, et chaque face reçoit son lé, positionné à sec, tenu, ajusté, puis maroufle progressivement. Tant que le lé n'est pas définitivement collé, il doit rester manipulable — d'où les bandes.
Ce qu'on y voit ensuite : la tôle blanche d'origine encore visible sur les montants et les feuillures. C'est normal à ce stade, et c'est aussi le point où un chantier se joue. Ces zones-là ne sont pas de la surface plane, ce sont des angles rentrants, des gorges et des retours. Elles se traitent en dernier, à la chaleur, et ce sont elles qui décident si le véhicule aura l'air recouvert ou repeint.
Un utilitaire de ce gabarit présente une difficulté que les voitures n'ont pas : de très grandes surfaces plates et nues, sur lesquelles le moindre défaut se voit. Une bulle sur une aile de citadine se perd dans la courbure ; la même bulle sur un flanc de Sprinter est visible à dix mètres. Le marouflage y est plus lent, plus méthodique, et se fait toujours du centre vers les bords pour chasser l'air vers une sortie.
Le pavillon est le morceau qu'on sous-estime. Il est haut, il est immense, et il est le seul plan qu'on ne peut pas regarder de face pendant qu'on travaille. Il se pose en montant sur l'échafaudage plutôt qu'en tendant les bras, sinon le lé part de travers dès le premier mètre.
Le véhicule est belge, comme une partie de la clientèle de l'atelier. Depuis Chéreng, la frontière est à une vingtaine de kilomètres : elle ne change rien à la route, seulement à la facturation.




