Deux véhicules pour la même enseigne d'auto-école, traités à quelques semaines d'intervalle. Une Ford Puma d'abord, une Citroën C3 ensuite. Ce n'est pas une grande flotte, mais c'est déjà le moment où les questions changent de nature.
Tant qu'il n'y a qu'un véhicule, on habille une carrosserie. À partir du deuxième, on habille une identité, et il faut que les deux se reconnaissent comme appartenant à la même maison alors qu'ils n'ont ni la même silhouette, ni les mêmes surfaces, ni les mêmes lignes de caisse.
Le parti retenu ici tient en deux constantes : la couleur de l'enseigne domine, et le logo se retrouve toujours aux mêmes endroits fonctionnels — le capot, vu par la voiture de derrière, et le flanc, vu par le trottoir. Tout le reste s'adapte au véhicule.
C'est ce qu'on ne peut pas faire depuis un fichier. Un bandeau qui traverse une portière de C3 ne tombe pas au même endroit sur une Puma, parce que la ligne de ceinture ne monte pas pareil et que la poignée n'est pas à la même hauteur. Reproduire les cotes du premier véhicule sur le second donne un résultat qui a l'air juste sur l'écran et faux sur la route. Le tracé se cale sur chaque carrosserie, la charte reste la même.
Le cas de l'auto-école ajoute une contrainte qu'on ne rencontre pas ailleurs : ces voitures sont conduites par des élèves, garées serré, et frottées. Les zones basses et les angles de pare-chocs prennent des coups que le film doit encaisser. On y retourne le film plus généreusement sous les bords, et on évite d'y faire mourir un bandeau en biseau, parce qu'une arête de film qui s'amorce sur un angle de bouclier se relève vite.
Le principe qu'on applique dès qu'il y a plus d'un véhicule : le premier sert de référence, validé avec le client avant de lancer les suivants. Corriger une charte sur un véhicule coûte une pose, la corriger sur cinq en coûte cinq.




