Un campus installé dans un immeuble de bureaux à Lille, avec une façade entièrement vitrée sur plusieurs niveaux. Vue de la rue, elle ne disait rien : ni le nom de l'établissement, ni ce qu'on y trouve. Un passant ne pouvait pas savoir qu'il y avait là sept écoles.
Le vitrage a été habillé d'un film opaque sombre, puis le lettrage et les logos ont été posés par-dessus, en clair. C'est l'ordre qui compte : un lettrage clair posé directement sur du vitrage se lit mal parce que le fond change avec la lumière et avec ce qui se passe derrière la vitre. Sur un fond opaque, il tient à toute heure.
Le rez-de-chaussée porte l'information utile au passant : le nom, le numéro de rue, les logos des écoles hébergées, et la mention de niveau d'études. Les étages portent le nom en grand, lisible depuis l'autre trottoir et depuis la voie.
La vraie difficulté d'une façade comme celle-ci n'est pas la pose, c'est l'accès. Le vitrage est découpé en bandeaux horizontaux étroits sur toute la hauteur, et chaque bandeau demande d'être atteint de face. Les niveaux hauts ont donc été traités depuis une nacelle élévatrice, ce qui suppose de la stationner sur la voie, de neutraliser une portion de trottoir et de composer avec la circulation d'une rue passante.
Concrètement, l'accès pilote le planning autant que la surface à couvrir. Une nacelle se loue à la journée et se replie avec le vent : sur ce type de chantier, la météo décide plus que le nombre de mètres carrés.
Chaque bandeau reçoit son lé, posé de face et marouflé du centre vers les bords. Sur un film opaque, la moindre bulle se voit de loin parce qu'elle capte la lumière là où le reste de la surface l'absorbe.



